Avertissement extrait de :

 

 

La Thérésiade

ou

le charivari de S. Thomas

 

Poëme héroï-comique

 

[s. d.]

 

 

Reproduit d’après l’édition dite “troisième édition” [s.d.].

 

   L’orthographe et la ponctuation d’origine ont été respectées.

Merci de nous pardonner ou de nous signaler les fautes qui nous auront échappé.

 


 

 

AVERTISSEMENT.

 

 

On sera peut-être surpris de voir la Theresiade paroître une troisiême fois. Ce n’est pas que je veuille par lá faire sentir que je compte sur l’empressement des Lecteurs. Je n’ai garde de me flatter jusqu’au point de croire que cette piéce soit à l’épreuve du dégout : mais je veux seulement achever un projet, que j’eusse laissé imparfait, si une réponse manchote ne fût pas venuë à la traverse. Certes cet ami n’a guéres bien servi son Illustre Ami. On diroit qu’il a pris à tâche d’y peindre celui qu’il justifie, et qu’il a voulu habiller un de ses plaidoyers en vers. Tout y ressent le goût de ses harangues : même stile, même aigreur, mêmes digressions hors d’œuvre. S’il n’est pas en cela copie de Mr le Couvreur, il est bien mauvais original : ainsi il le brule en voulant m’échauder, ou se dénigre lui même en voulant me noircir. C’est ainsi que souvent on se rend ridicule en ridiculisant autrui, comme le prouve cette fable assez connuë.

 

Un Corbeau devenu jaloux

De l’extrême Blancheur d’un Cygne

Suivit pour la ternir, la prudence maligne

De quelques nocturnes Hibous.

Il va se veautrer dans la bouë :

Puis s’approchant incognito,

Contre le Cygne il se secouë :

Mais d’abord le charmant Oiseau

Se plonge & reparoit plus beau :

Et l’envieux, honte de la Nature,

N’osant mettre le pied dans l’eau,

Demeure tout couvert d’ordure

 

Je ne vois pas que cette Apologie mérite une autre Réponse que la petite chanson, qu’un de mes amis a fourrée adroitement dans la page vuide. Je ne crains pas non plus que les petites fautes, qu’il me reproche, ne décrient la Thérésiade. Le peu de tems que j’ai pû donner à ce Poëme, ne m’a pas laissé le loisir de le châtier autant que je l’aurois souhaité. Au reste il me seroit aisé de justifier ces légeres bévûës, si je ne craignois de faire paroistre trop de défiance du bon sens & de l’Equité du Public.

Pour ce qui regarde le titre de médisant & de Calomniateur qu’on me prodigue si léberalement, je ne doute pas que tout esprit droit ne me fasse Justice là-dessus. Je ne suis pas casuiste : mais dieu merci je sçais passablement mon Catéchisme. Je n’ai rien avancé que de vrai : où est la calomnie ? ce vrai étoit Public : où est la médisance ? est-ce donc médire que de plaisanter sur ce qui fait le sujet de toutes les conversations ? d’ailleurs je puis me rendre ce témoignage à moi-même que j’ai eu une intention bien droite en travaillant à ces vers. Je voulois faire un petit sermon à ces Messieurs, & ne sçachant où les trouver pour les prêcher, j’ai crû pouvoir les prêcher en Public. mais dequoy vous mélés vous, me dira quelqu’un ? ces Messieurs sont-ils vos Paroissiens, ou bien êtes-vous chargé de la Réforme de L’univers ? je ne suis ni Curé ni Réformateur : mais la Nature m’a fait ennemi de tout mauvais plaisant, et je ne puis flairer un fat que je ne me sente porté à lui faire sentir son ridicule pour l’en corriger. Il y a plus d’un an et demi que j’aurois fait cet acte de Charité fraternelle, si je n’avois craint de donner quelque éclaboussûre à des personnes trop respectables. Aujourdhui que je trouve ces Avocats sans leurs formidables appuis, je crois pouvoir sans conséquences leur rendre service aussi bien qu’à toute la province en les montrant sous un aspect, sous lequel ou l’amour propre ou la flaterie de leur clique les a jusqu’ici empêché de se regarder eux mêmes. Je ne sçais si j’obtiendrai la fin que je me suis proposée. On a vû autrefois Moliere et Boileau faire plus de conversions dans leur genre, que n’en ont jamais fait bien des Prèdicateurs. Peut-etre que marchant quoy que de loin sur les traces de ces divertissans Réformateurs, j’aurai le bonheur de ramener le Triumvirat au juste milieu, qui le rendroit egalement utile & agréable au Barreau.

 

 

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[Texte original non daté, mentionné en manuscrit par Quérard.]

 

Selon édition :       LA THERESIADE / ou le / CHARIVARI DE S. THOMAS / POËME / HEROI-COMIQUE / TROISIEME EDITION / Revûë, corigée / & Augmentée / de deux chants. / A. [fleuron triangulaire imprimé] DOÜAY [en écriture rajoutée]

 

Publication              Douai, [s.n., s.d.]

Description           1 vol., 33 p. [poème & compléments] in-

Contenu                 - Avertissement

                                - La Thérésiade en 6 Chants,

                                - La suite du charivari, Cantate,

                                - Antidote de la Thérésiade,

                                - Souhait du soldat prisonnier, Madrigal,

 

Note :                      Selon Duthillœul (Galerie douaisienne, article “Laurens”, 1844, p. 167-177), une note manuscrite en écriture du XVIIIe s. indiquant que La Thérésiade est de l’abbé Laurens figurerait sur un exemplaire de cet ouvrage, appartenant « à la collection de M. le Conseiller Bigant ». En outre, Duthillœul précise : « Nous ignorons sur quels indices la Biographie Universelle et M. Quérard ont pu indiquer cet ouvrage comme manuscrit et composé de dix-huit chants. L’imprimé n’en comprend que cinq et paraît complet. »

 

 

Un exemplaire de cette édition figure à la B. M. de Besançon

( Cote : 204429, Fonds ancien )

 

Deux exemplaires de cette édition figurent à la B. M. de Versailles

( Cote : F.A. in-8 E 583 C et Gouget in-8 238, Fonds ancien 1 )

 

 

 

 

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