Résumé de La Chandelle d'Arras (Dulaurens)

 

 

Résumé S.P. 2003

 

 

La Chandelle d’Arras (Résumé)

Poème en XVIII chants

Par l’abbé H.-J. Dulaurens

(1765)

Résumé d’après l’édition de Paris, 1807.


 

Résumé de La Chandelle d’Arras

 

 

CHANT  PREMIER

CHANT  II

CHANT  III

CHANT  IV

CHANT  V

CHANT  VI

 

 

CHANT  VII

CHANT  VIII

CHANT  IX

CHANT X

CHANT XI

CHANT XII

 

 

CHANT XIII

CHANT XIV

CHANT XV

CHANT XVI

CHANT XVII

CHANT XVIII

 

 


 

 

Résumé de La Chandelle d’Arras

 

Jean et Jérôme, vieux amis et musiciens ambulants, se querellent. L’échauffourée, qui ameute tout Arras, tourne au drame : Jérôme, à l’hôpital, se fait émasculer par un vilain chien. Dès lors, une Chandelle miraculeuse surgit du cerveau de la victime puis va apparaître sur Arras, portée par les mains de Marie. Cette chandelle a le pouvoir de guérir toute personne malade d’excès charnels.

(Note : La légende d’une chandelle miraculeuse à Arras est avérée, mais pas pour les mêmes raisons.)


 

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Chant premier :

Querelle de Jean et de Jérôme – leur combat.

 

Dans le pays d’Artois, vivent deux amis fidèles, joueurs de violon associés : Jérôme Nulsifrote (séducteur émérite) et Jean La terreur (au nez d’un pied de long). Au hasard des chemins, le chant d’un coucou inspire à Jérôme quelque allusion gaillarde à propos des infidélités de “Nannon” (Annette), l’épouse de Jean. Celle-ci s’attarderait avec les Prêtres du voisinage ? Il n’en faut pas plus à Jean pour répliquer d’une pluie de horions : la bagarre fait rage. Le Ciel s’en mêle par l’éclat d’une tempête qui, malgré la foudre tombant à leurs côtés, ne parvient à séparer les deux amis. Lorsque les gens d’Arras, alertés, accourent sur les lieux, les deux hommes sont épuisés. On les porte à l’hôpital, Annette pleurant alors au chevet de Jean.

 

 

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Chant II :

Le Diable habillé en Ermite descend à l’Hôpital – excite Nulsifrote à la vengeance.

 

Le Diable, aux célèbres forfaits dont est jonchée l’histoire chrétienne, fustigeant les doctes sommités religieuses, conte son histoire d’ange déchu à une nommée Agnès. Vêtu en moine, décidé à la repentance, il rencontre Marie qui le guide vers l’hôpital afin de ranimer la vengeance dans l’esprit endormi de Jérôme. Les phrases « vengez-vous comme doit un Chrétien ; / Suivez le Ciel ; le Ciel se venge bien. / C’est un plaisir de punir l’insolence » réveillent alors un Jérôme guidé par les bénédictions de ce Diable dissimulé sous l’habit monacal.

 

 

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Chant III :

Nouveau combat de Jean et de Jérôme – le pansement du blessé – son trépan.

 

À l’hôpital, trois chiens détestables nommés Pif, Pouf et Paf montent la garde. Jérôme, sans sommeil et sans habit, n’hésite pas à sauter du lit et à s’en prendre de nouveau à Jean. Une pluie de coup ensanglante d’abord le faciès du pauvre Jean qui parvient à répliquer. La bagarre fait alors rage à coups de figurines sacrées, tout l’hôpital croyant à un tremblement de terre. Les trois chiens s’en mêlent ; l’un d’eux émascule Jérôme. Les nonnes accourent et constatent le désastre : « O Ciel ! mes Sœurs, les sources de la joie / N’existent plus ! Jésus ! il n’a plus rien ! / Ce châtiment sans doute est pour son bien : / Il baisait trop : mais que dira sa femme ? » Et les Sœurs de se lamenter sur leur propre sort : « De ce fléau, Ciel, préserve nos grilles ! / Que ferions-nous ? » En voulant le soigner avec un Clystère, la Mère Apothicaire blesse le souffrant à la tête, ce qui vaut l’intervention d’un éminent docteur. Cependant, à la trépanation, une Chandelle surgit de la plaie et s’élance dans les airs à la stupéfaction générale.

 

 

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Chant IV :

Héloïse vient consoler Jeanne – Jeanne court à l’Hôpital – Combat de Jeanne et d’Annette.

 

Dans un lyrisme où interviennent Phlégéton, Septentrion, la Renommée, Artémis, etc. Héloïse elle-même (l’épouse d’Abélard) apparaît au chevet de Jeanne et l’informe du malheur subi par son époux Jérôme. Jeanne se précipite à l’hôpital, pleure dans les bras de Nulsifrote, lorsque survient Annette. Courroucée, Jeanne se précipite sur l’épouse ennemie et déclenche les hostilités. Les sœurs de l’hôpital se précipitent sur place mais n’obtiennent qu’invectives à leurs supplications. Le Père directeur accourt. Heureux confesseur de ces « trente chastes Amantes » dont il aurait maintes fois abusé, il n’obtient la paix que par le camouflet que lui inflige Jeanne en dénonçant de façon indécente les excès dont il serait l’auteur

 

 

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Chant V :

Description du Ciel – Marie envoie S. Dunstan chez La Terreur.

 

Il fut un temps où le monarque britannique Dunstan, selon la légende, menait le diable par le nez avec des pinces. Dans un tableau très raphaëlien, est décrite la Vierge Marie entourée de séraphins et chérubins, d’Ignace, de saint Dominique, saint Antoine, saint Roch et autres anges ou figures historiques de la religion. Chacun dans la place semble conter son histoire. Sur les conseils de Gabriel, Marie envoie le roi Dunstan sur terre en vue de mener La Terreur au Purgatoire. Monté sur le cochon de saint Antoine, Dunstan parcours l’histoire et le paysage anglais, avant de descendre à l’Hôpital où il s’empare de Jean par les naseaux et l’emporte.

 

 

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Chant VI :

Jean passe du Purgatoire dans l’Enfer – Adam Lui conte son Histoire.

 

Dans les feux du Purgatoire, l’on assiste aux tortures imaginées par les moines de Cluny (inventeurs du Purgatoire), tortures parmi lesquelles les chambrières des pasteurs subissent les tracasseries que l’on devine, tant « Le purgatoire entretient leur chaleur ». Jean s’émeut de tant d’horreur et met d’abord en doute l’intégrité de Dieu. Puis il se reprend et pense que le Purgatoire n’est fait que pour les célibataires, ceux qui ne procréent pas. En Enfer, il rencontre Adam qui lui conte la création burlesque de la femme, au caractère orgueilleux, baptisée Virago. Le serpent qui causa leur perte était alors hautement révélateur de luxure, ce qui offensa Dieu. Toutefois, Ève quitta le jardin sans remords, lui préférant et le droit à l’amour et le droit à la concupiscence.

 

 

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Chant VII :

Jean s’entretient avec Jacob et Moïse.

 

Plus loin, Jean apprend de Jacob comment ce dernier fut dupe de son oncle qui, la nuit, amena dans sa couche sa fille aînée à la place de la cadette. Après réparation, Jacob eut quatre enfants, ce qui l’inclina à tricher pour obtenir de son oncle davantage d’agneaux que convenu. Jacob fut alors chassé. Jean découvre ensuite Moïse qui lui conte son histoire : aidé des nymphes, l’enfant Moïse dérivant dans son berceau abandonné fut adopté par la princesse Égyptienne Naïs avant d’aller sciemment garder les troupeaux de Jéthro. Lorsqu’il reçut les commandements d’un dieu particulièrement haineux et belliqueux, le prophète fut investi d’un pouvoir despotique qu’il dépeint en termes crûs : « En vrai tyran je régnai sur mes frères. »

 

 

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Chant VIII :

Histoire de l’innocent Joseph.

 

A l’instar des antiques Romains, chacun se targue de vertu ; Joseph en eut l’auréole par « La chasteté, la couronne du sot ». Réduit à l’esclavage, Joseph fut remarqué pour la longueur de son nez. Sa matrone Élise, découvrant la niaiserie et le pucelage de Joseph, veut en profiter mais Joseph se dérobe. La dame crie alors au viol et Joseph est jeté en prison.

Dans son tombeau, l’amiral Bing attend son supplice en faisant de mauvais rêves où se goinfrent des femmes de mauvaise vie. Ramponeau, qui lui tient compagnie, déçu de n’avoir point de femme, attend son sort pour avoir osé dans son tripot prétendre changer l’eau en vin. Or ce rêve, selon Joseph, devrait plaire à Dieu ; Joseph alors souhaite que d’autres rêves ouvrent l’esprit du roi qui l’avait fait emprisonner. Il pourrait ainsi devenir, pourquoi pas, « le second de l’État ».

 

 

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Chant IX :

Histoire de Fanchon – Jean veut jouir de ses faveurs – Châtiment du Ciel – Apparition de L’Ange Gabriel.

 

Après Joseph, Jean rencontre Fanchon, qui fut ravaudeuse notoire et fille de maquerelle. Par temps de disette, sa mère l’envoya à quinze ans charmer le vieux et généreux Cassandre. Ce dernier offrit des noisettes à l’enfant qui revint le soir, sur ordre de sa mère, se glisser dans le lit du vieillard. Cassandre, après quelques essais infructueux, retrouva une jeunesse qui lui coûta la vie. L’histoire inspire Jean qui s’éprend de Fanchon et l’attire à l’écart. Fanchon, faussement, lui résiste mais à son déshabillage “forcé” apparaît en l’anatomie de Jean une chandelle « au lieu d’un peigne » ; Fanchon en est courroucée, Jean est effondré. Dunstan se réveille alors et crie au miracle, d’autant que s’interpose l’ange Gabriel. La main de Dieu aurait donc interdit le péché de Jean que Gabriel rappelle à l’ordre en exigeant que Dunstan conduisît le fautif chez saint Patrice. Jean est ainsi libéré de la Chandelle que l’ange emporte vers les cieux ; il remercie le seigneur de l’avoir préservé d’un adultère.

 

 

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Chant X :

S. Dunstan conduit Jean au Purgatoire de S. Patrice – Leur passage à Paris.

 

Dunstan mène Jean au-dessus de l’Italie, de la Suisse puis du Louvre d’où rayonnent les succès de l’art français. Rayonnent également les figures littéraires de Paris dans une énumération critique (Chaumeix, Fréron, Rosbac, Palissot, etc.) ainsi que diverses personnalités. « [H]onteux d’avoir perdu son tems / A contempler tant de sots personnages, » Dunstan quitte Paris pour une caverne d’Albion où séjourne saint Patrice. Le prêtre, tout d’abord, ne reconnaît pas Jean qui doit se présenter ; il le prend pour un académicien. C’est alors qu’il lui dit : « Ta haine injuste a fait pleurer Marie » avant de prédire de grands malheurs sur Arras puis d’exorciser le pauvre Jean qui gagne sa place au Paradis.

 

 

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Chant XI :

Dunstan et Jean retournent à Arras – Un orage les surprend au-dessus de l’Abbaye d’Avennes – Accident qui arrive à Jean – Les suites de ces Malheurs.

 

Le poète évoque les traîtres amours de Jean et Lise. Alors qu’il croyait d’innocence « trouver un pucelage », l’amant en fut quitte pour une blennorragie, comme si les amours étaient souvent semés d’embûches. En témoigne l’aventure qui suit :

Toujours mené par la pincette de Dunstan monté sur son cochon, Jean aperçoit la terrible tour de Douai que personnifie la sévère Rhadamanthe, annonciatrice de malheurs. Un orage éclate alors qu’ils volent au-dessus d’un couvent. La foudre sépare les deux personnages mais Dunstan rattrape Jean de sa pince et malencontreusement « Tout rasibus lui coupe l’instrument ». C’est dans le corset de la jeune sœur Suzon qu’atterrit et s’infiltre la chose inespérée. Suzon, qui croit au miracle, alerte le couvent de ses cris. Trente consœurs affolées interviennent, voient l’objet jaillir du corsage, voltiger et venir combler chacune tour à tour. « Anéanti d’un si rude travail, » l’instrument tombe au sol et se fait enlever par un chat à l’affût qui, poursuivi par sœur Nicolas, laisse échapper son butin au cœur d’une halle. « Mainte Poissarde accourt à cet objet : » les plaisanteries fusent et les comparaisons abondent, lorsque « Mère Fanchon, putain et bouquetière, » exige la propriété de l’objet perdu. S’en suit une bagarre de commères où « Vingt polissons à leurs coups applaudissent ». L’objet semble perdu.

 

 

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Chant XII :

Une maladie épidémique attaque l’Artois – La Vierge une Chandelle à la main, va trouver La Terreur – Réconciliation de Jean et de Jérôme.

 

L’orage redouble et la mort semble étendre sa faux sur l’Artois, punissant l’amour par l’épidémie du feu, lorsque Marie apparaît, munie d’une chandelle et descendant chez Jean. Marie vient prodiguer ses bontés, malgré l’ingratitude qu’elle reproche à Jean. Si ce pénitent fait remplir d’eau vingt ou trente bassins et y coule quelques gouttes de suif de la chandelle, « Ceux qui boiront de cette eau saintement, / Des feux ardens guériront au moment. » Puis la Vierge envoie Jean annoncer sa venue au prélat Lambert.

Se réveillant soudain, Jean rejoint son compère Nulsifrote avec lequel il se réconcilie chaleureusement. Oubliant leur chicane, les deux hommes se réconcilient au premier tripot en une mémorable beuverie qu’ils font durer jusqu’au matin. Inquiets toutefois d’avoir à se rendre chez Lambert, ils se rassurent tout en trinquant par un portrait satirique des prélats, hommes vaniteux. Le poète en appelle à la sanction de Marie mais il ne peut que voir les deux oublieux « Par des remords expier leur offense, / Et [l]’attendrir par leurs sensibles pleurs » ; lorsqu’ils vont trouver Lambert, Jésus veille déjà sur eux.

 

 

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Chant XIII :

Jean et Jérôme vont trouver l’Evêque Lambert – Réception que leur fait le Prélat.

 

Les deux compagnons se rendent chez l’évêque que le poète estime peu, « Car la fierté, l’insolence et la gloire, / Sont aujourd’hui les talens des Prélats ; / Par eux Lambert fut connu dans Arras. » La citadelle est connu pour ses stationnements de soldats qui enflamment le cœur des filles. Lambert, austère personnage haïssant la danse, s’insurge en un rêve prémonitoire contre ses deux visiteurs annoncés dont les métiers de musiciens offensent la religion. Jean et Jérôme frappent à la porte du palais dont ils achètent l’ouverture en soudoyant le garde suisse de quelque bouteille. Au prélat à peine réveillé, ils annoncent la venue de la Vierge et de sa chandelle qui doit délivrer Arras : le prélat les jette dehors, terrorisant un Jérôme pris sur le moment d’une peur incontinente.

 

 

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Chant XIV :

Saint Vaast, à cheval sur Jean-Jacques, va trouver l’Evêque Lambert – Marie descend du Ciel avec la Chandelle d’Arras.

 

De nombreux saints ayant un animal favori, saint Vaast ému par les déboires de nos deux incompris vole à leur secours en prenant au passage pour monture Jean-Jacques, un Genevois qui « Parmi les Ours, ses compagnons chéris, / A quatre pieds marchait ainsi qu’un âne » (Voulant vanter Héloïse, Jean-Jacques est vivement sermonné). Les deux personnages apparaissent à Lambert : saint Vaast, qui lui présente sa monture qualifiée de « bête sauvage », « enfant du docteur Robinson » auquel les sommités n’ont su répondre, demande à Lambert d’être plus sage et de croire en la venue annoncée de la Vierge à la chandelle. Lambert ameute alors la ville à l’aurore, arrachant de leur couche, et de leurs amours, nombre de serviteurs de l’église. Les chants à la gloire divine fusent à gorges déployées mais ne résistent pas à l’orage soudain : l’église s’ouvre, la Vierge apparaît, une chandelle éclatante dans sa main. Aux yeux de tous, Marie confie la chandelle à Jean, réitérant la consigne d’en verser quelques gouttes dans l’eau pour guérir et prémunir les fidèles, puis elle disparaît. L’enthousiasme est tel qu’à l’instar des figures de la fable, « A son amant, plus d’une pèlerine / Laisse cueillir son innocente fleur ». Chacun vient boire sa coupe miraculeuse, s’adonnant à la fête amoureuse qui lui est alors permise.

 

 

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Chant XV :

Sanspain enlève la Chandelle d’Arras – On la retrouve dans son grenier – Procession de la sainte Chandelle.

 

Le pauvre poète Sanspain, en mal d’inspiration, trouve au temple la chandelle qu’il lui faudrait pour éclairer son « réduit voisin d’une goutière, / Où se tenait le synode des chats ». Cette disparition met la ville en émoi et l’on retrouve le voleur qui est jeté en prison. Une procession, très hétéroclite, célèbre le sauvetage de la chandelle « Sous l’étendard de la Vierge Marie ». On y trouve autant de catins que de pucelles qui font effet sous les habits des moines, autant de servantes humainement dévouées à leur saint protecteur. Des figures historiques suivent la procession : Chaumeix, Fréron, Chandos, sœur Marie à la Coque, Inigo… Enfin, on y voit Lambert flanqué des deux compagnons qui jouaient du violon. La chandelle est portée par la belle Méhaut ; « Louant le Ciel, et bénissant l’Amour, / Le carnaval au Temple est de retour » et Lambert prenant la fameuse chandelle bénit la foule.

 

 

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Chant XVI :

Fin tragique d’Aline et de Sanspain.

 

« Pour varier le récit et les charmes / D’un long Poëme, il y faut des malheurs : » l’orgueil du juge, si funeste aux anciens et aux grands, et qui fit tant de ravages sous l’Inquisition, frappa Sanspain : celui-ci comparut devant un tribunal. À ses juges, Sanspain se présenta poète et prétendit non sans une innocente insolence copier la sainte Écriture en peignant ses excès. Ses prétentions lui valurent le bûcher. Sur le chemin, sa très belle maîtresse Aline se rue sur les gardes, leur tendant un glaive, et demande à être tuée à la place de l’amant : elle expose en une tirade enflammée sa seule culpabilité. L’amant, trop faible, n’aurait volé la chandelle que par amour pour elle. Ses charmes et larmes auraient vaincu les soldats et sauvé son amant si « un Prêtre sanguinaire, / L’Inquisiteur, d’un regard menaçant, / Vint aux soldats inspirer sa colère : » Sanspain est mis au bûcher. Aline se jette alors dans les flammes.

 

 

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Chant XVII :

Amours honnêtes de Jean Tirefort – Naissance du Curé de Lambre.

 

Au village de Lambre vivait un cordonnier. Le seigneur Jean Tirefort régnait en despote au château voisin. Cependant, son épouse insatiable lui causait parfois quelque souci : les faiblesses passagères du seigneur ne lui étaient point pardonnées par la belle qui lui reprochait de s’épuiser auprès d’amours illégitimes. En effet, le seigneur Jean préférait parfois rejoindre la douce Annette, qui lui donna un fils. Jeannot fut élevé par un Magister et un Cordelier. Il y avait alors à Lambre « deux fortes têtes » : le greffier Pénillon et le bailli Bondon, qui obtinrent pour leur ami Jeannot la cure du village. Séduisant, le nouveau curé fit tomber les cœurs au point d’en compter jusqu’à quinze. Comment résister à la chair que la nature appelle ? Mais alors que la servante Lison bénéficiait la nuit de ses tendres penchants, notre curé fut attiré par un nouvel objet…

 

 

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Chant XVIII :

Le Diable va trouver Javote – Le Curé Jeannot fait voir à Javote la Chandelle d’Arras.

 

Après un hymne à la virginité, le poète nous présente Javote, petit trésor d’innocence à quatorze ans, fille de La Terreur mais demeurant chez sa tante Barbe. Cette dernière, forte de son expérience (dès l’âge de treize ans), veillait jalousement sur l’enfant convoitée. Trop peu dévote, Barbe n’obtint pourtant à cet égard la bienveillance du bon Dieu : le diable déguisé lui rend visite et lui vante la gloire de son « père, heureux, vainqueur de Nulsifrote » et « sauveur de l’Artois » grâce au flambeau de Marie. Javote ensommeillée est guidée vers Jeannot. Lorsqu’elle s’éveille, Javote n’a qu’une idée : aller vers ce prêtre qu’elle admire déjà. la jeune fille confie au prêtre subjugué son désir de voir la sainte chandelle transmise, dit-on, par son père. Au prétexte que Dieu punit les curieux, Jeannot lui bande les yeux mais lui promet qu’au moins, elle sentira l’effet de la fameuse chandelle. Ce fut ainsi que Javote fut déflorée, abusée mais heureuse au point d’en épuiser son séducteur.

« Javote enfin retrouvant la lumière, / D’un air ému regarde son Pasteur » et s’insurge de découvrir sa “chandelle” éteinte. Jeannot lui promet son éclat pour le lendemain : « Toujours brûler et ne s’éteindre pas / Est une fable : on la croit dans Arras. » Cependant si la chandelle s’éteint parfois, que l’amour, lui, puisse comme le feu d’Arras « Toujours brûler et ne s’éteindre pas ! »

 

 

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Résumé d’après l’édition :

 

                            LA / CHANDELLE / D’ARRAS, / POËME EN XVIII CHANTS. / [filet] / ....Sunt quædam mediocria, sunt mala plura / Quae legis : aliter non fit, Avite, Liber. Mart. / [filet]  / NOUVELLE ÉDITION, / Précédée d’une Notice sur la Vie et les Ouvrages / de l’Auteur, et ornée de 19 planches. / PARIS. / Egasse Frères, rue St.-Jacques, n°. 21 ; / Et même maison, à Brest ; / Chaumerot, Libraire, Palais du Tribunat, / Galeries de bois, n°. 188 ; / Delance, Imp.-Lib., rue des Mathurins S. J. / [filet ondulé] / 1807.

Description       [4], XII, 188 p. [19] pl. dont front. In-

Note                   Cette édition est connue pour sa notice préparée par l’ami de Dulaurens : Marc-Ferdinand Groubentall de Linière (1739-1815).

Quatre exemplaires de cette édition (1807) figurent à la Bnf

( Cotes : RES-YE-3928, -29, -30 et –31, Tolbiac - Rez-de-jardin - Magasin )

Deux exemplaires de l’édition originale (1765) figurent à la Bnf

( Cotes : 8-YE-7596 & FB-7560, Tolbiac / Rez-de-jardin / Magasin )

La Chandelle d’Arras numérisée (uniquement les XVIII chants éd. 1881)

est disponible en ligne au département Gallica de la Bnf :

http ://gallica.bnf.fr/

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